Un Barça de gala est allé chercher une victoire historique au Bernabeu. Un jeu flamboyant qui permet aux catalans de s'auto-proclamer rois d'Espagne...
Sans surprise, Pep Guardiola alignait son onze de confiance: Valdés dans les cages, le quatuor Abidal-Puyol-Piqué-Alvés en défense, le milieu Touré-Xavi-Iniesta et le trident H E M en attaque.
Le premier quart d'heure de la rencontre a des allures de round d'observation: les 2 adversaires se jaugent, se testent mais ne se découvrent pas. Soudain, un véritable coup de massue tombe sur la tête des blaugranas, aussi imprévisible que douloureux: Ramos côté droit enrhume un Abidal en difficulté depuis le début de la rencontre et adresse un centre parfait qui trouve preneur en la personne d'Higuain (étrangement seul au point de pénalty). L'argentin exécute Valdés d'une tête rageuse. 0-1 (15'). Le match est lancé.
Ce but va paradoxalement faire du bien aux troupes catalanes. Piqués à vif, les barcelonais s'emparent immédiatement du contrôle des opérations et égalisent dans la foulée. Superbement lancé plein axe par Messi, Henry ajuste du plat du droit Casillas et remet les pendules à l'heure. 1-1 (18'). Ce Barça là montre qu'il a du répondant et qu'il n'abdiquera pas.
Preuve en est avec le second but sur une tête pleine de conviction d'un capitaine blessé dans son amour propre suite à son éviction lors du match aller face à Chelsea. On a apprécié Carles Puyol qui embrasse amoureusement son brassard (CATALAN) de capitaine en guise de célébration. Deux buts encaissés en deux minutes (dont un sur corner !), Madrid se prendrait-il pour le FC Barcelone, d'habitude plus coutumier de ces fameux moments d'absence ?
Les catalans affichent une confiance quasi-arrogante ainsi qu'une aisance déconcertante dans la circulation du ballon. Les amateurs de PES apprécieront... Campés dans la moitié de terrain merengue, ils font tourner en bourrique ces derniers. Temporisant par à-coups tout en alternant le jeu à une touche, les blaugranas mettent régulièrement en alerte la pourtant très solide défense madrilène. Dans l'intervalle, Eto'o puis Messi sont proches de faire le break. En face, des merengues dépassés ne doivent leur salut qu'à un Casillas en mode Clasico (inutile de développer, vous connaissez tous le talent d'Iker...). Hormis un centre dangereux de Robben, c'est plutôt calme du côté de chez Valdés.
36ème minute: l'homme providentiel de la Maison Blanche ( son arrivée a coincidé avec le retour au premier plan des merengues) affectueusement appelé le "nouveau Makelélé" par les afficionados merengues, craque inexpliquablement et cède sous la pression de Xavi. Le vice-capitaine récupère le ballon. Rien de grave jusque là nous direz-vous, sauf qu'un certain Messi traînait dans les parages. L'argentin porte le ballon quelques mètres et d'un extérieur du gauche décroisé crucifie Casillas. 3-1 pour Barcelone. Le Clasico tient toutes ses promesses, surtout du côté de la Catalogne.
Inutile :) de poursuivre la chronologie du match, vous l'avez encore en mémoire. Madrid a joué avec ses moyens et son inébranlable volonté. En face, Barcelone avait des arguments autrement supérieurs: lorsqu'une même équipe associe des qualités techniques individuelles exceptionnelles à un collectif bien huilé et qu'elle rajoute en sus une formidable envie de gagner, cela donne une force de frappe sans précédent. Quelque chose d'inarrêtable. Une bombe ! Chacun peut utiliser ses propres termes pour décrire cette équipe mais au final, nous convergeons tous vers la même idée: Le Barça 2008-09 est déjà entré dans la légende, peu importe qu'il remporte des titres en fin de saison ou non. Cette équipe a redonné à tous les supporters de football de par le monde une raison d'aimer ce sport; elle a tout simplement rappelé que le football, c'est avant tout un spectacle. Le football revient à sa forme la plus basique: des passes, des joueurs constamment en mouvement et un ballon qui revit, heureux d'être traité à sa juste valeur. Si les catalans ne se qualifient pas face à Chelsea avec un tel jeu, alors ce sport qu'est le football sera en deuil...
MADRID CABRON & SalUda EL CAMPION